Le genre des noms et les noms à double genre

8 08 2007


En français, les noms sont répartis en deux classes grammaticales, correspondant à la notion de genre : le masculin et le féminin. D’autres langues, comme le grec, le latin ou l’allemand, ont trois genres : le masculin, le féminin et le neutre.

Le genre des noms est purement conventionnel et surtout déterminé par l’usage (arbre est masculin, bien que dérivé du latin arbor, qui est féminin). Une même chose peut être de genre différent d’une langue à une autre : ainsi les mots soleil et lune sont respectivement masculin et féminin en français, alors qu’en allemand Sonne (le soleil) est féminin et Mond (la lune) est masculin.

Le genre grammatical (masculin/féminin) est souvent associé au genre naturel (mâle/femelle) : un chat/une chatte, le boucher/la bouchère, mon frère/ma sœur. Certains noms qui désignent indifféremment l’un ou l’autre sexe ont un genre commun et sont dits « épicènes » (artiste, enfant, élève, snob…). D’autres n’ont pas d’équivalent féminin dans la langue française parlée en France (assassin, défenseur, monstre, successeur, témoin, vainqueur, voyou…), mais en ont parfois un en français de Belgique, du Canada ou de Suisse (une défenseuse…).

Certains noms féminins ne s’appliquent qu’à des hommes : une estafette, une gouape, une frappe…, et certains noms masculins ne s’appliquent qu’à des femmes : un bas-bleu, un cordon-bleu, un succube, un tendron (très jeune fille)…

Il est fréquent d’hésiter sur le genre d’un nom, notamment lorsque celui-ci se termine par e ou par ée. Les deux listes ci-dessous présentent les noms qui sont fréquemment objet d’erreurs.





Le participe présent, l’adjectif verbal et le nom

8 08 2007

Le participe présent se termine par ant. Il peut être employé comme verbe (participe présent proprement dit) ou comme adjectif (adjectif verbal). L’adjectif verbal et le nom correspondant peuvent avoir une terminaison en ent.

Le participe présent proprement dit est invariable et souvent suivi d’un complément. Il marque une action ou un état passager : Des enfants obéissant à leurs parents. J’ai croisé une bande d’enfants hurlant dans les rues. Il est soudain devenu grossier, provoquant l’indignation générale.

Remarque. Le gérondif est une forme verbale invariable, précédée de la préposition en. Le sujet sous-jacent est identique au sujet du verbe principal. Il sert à décrire certaines circonstances de l’action : En sortant, j’ai vu qu’il pleuvait. Il est mort en mangeant des champignons vénéneux.


L’adjectif verbal (ou participe présent adjectivé) employé comme adjectif qualificatif s’accorde en genre et en nombre. Il marque une qualité, un état durables : Ils ont des enfants obéissants. Ils ont eu peur de la meute hurlante. Elle avait une allure provocante.

L’adjectif verbal et le nom correspondant ont le plus souvent la terminaison en ant du participe présent : Des lumières clignotant dans la nuit. Les feux clignotants signalent un danger. Il a allumé ses clignotants.

Il y a parfois des différences orthographiques entre ces trois termes. Ces discordances portent particulièrement sur les verbes terminés par ger, quer et guer.

Participe présent

Adjectif verbal

Nom

adhérant

adhérent, e : Une branche adhérente au tronc.

un(e) adhérent(e)

affluant

affluent, e : Une rivière affluente.

un affluent

coïncidant

coïncident, e : Des faits coïncidents.

communiquant

communicant, e : Des chambres communicantes.

convainquant

convaincant, e : Un raisonnement convaincant.

convergeant

Une lentille convergente.

détergeant

détergent, e : Un produit détergent.

un détergent

différant

différent, e : Des raisons différentes. Différentes raisons.

divergeant

divergent, e : Une lentille divergente.

équivalant

équivalent, e : Des parts équivalentes.

un équivalent

excellant

excellent, e : Un excellent roman.

extravaguant

extravagant, e : Une idée extravagante.

un(e) extravagant(e)

fabriquant

un(e) fabricant(e)

fatiguant

fatigant, e : Un voyage fatigant.

influant

influent, e : Des gens influents.

naviguant

navigant, e : Le personnel navigant.

un(e) navigant(e)

négligeant

négligent, e : Une employée négligente.

précédant

précédent, e : Le jour précédent.

un précédent

provoquant

provocant, e : Une attitude provocante.

somnolant

somnolent, e : Un élève somnolent.

suffoquant

suffocant, e : Une chaleur suffocante.

vaquant

vacant, e : Un poste vacant.


Remarques.
– Attention, « exigeant » n’a pas de différence orthographique entre le participe présent et l’adjectif verbal : Exigeant beaucoup de lui-même, il se permettait d’exiger également beaucoup des autres. Il est très exigeant avec ses employés.
– On peut dire Partir à trois heures sonnantes (adjectif) ou Partir à trois heures sonnant (participe présent), mais seuls sont corrects : à une heure sonnant, à midi sonnant, à minuit sonnant.





Le pluriel des noms composés :Les noms déposés

8 08 2007

Les noms déposés sont légalement des noms propres invariables : des Cocotte-Minute, des Coton-Tige…

Remarque. L’accord est cependant correct d’un point de vue grammatical : des Cocottes-Minute, des Cotons-Tiges.


Voir le pluriel des noms et des adjectifs et le pluriel des noms et des adjectifs d’origine étrangère.





Le pluriel des noms composés : Principaux noms composés d’origine anglo-américaine :

8 08 2007

un after-shave

des after-shave

un baby-foot

des baby-foot

un baby-sitter

des baby-sitters

un best-seller

des best-sellers

un camping-car

des camping-cars

un check-up

des check-up

une cover-girl

des cover-girls

un cow-boy

des cow-boys

un disc-jockey

des disc-jockeys

un eye-liner

des eye-liners

un fast-food

des fast-foods

un free-shop

des free-shops

une garden-party

des garden-partys ou des garden-parties

un happy end

des happy ends

un hold-up

des hold-up

un hot dog

des hot dogs

un irish(-)coffee

des irish(-)coffees

un milk-shake

des milk-shakes

un one-man-show

des one-man-show

un pop-corn

des pop-corn

un press-book

des press-books

un pull-over

des pull-overs

un punching-ball

des punching-balls

un self-made-man

des self-made-mans ou des self-made-men

un self-service

des self-services

un soap opera

des soap operas

une start-up

des start-up

un steeple-chase

des steeple-chases

un story-board

des story-boards

un sweat-shirt

des sweat-shirts

un talk-show

des talk-shows

un talkie-walkie

des talkies-walkies

un tee-shirt

des tee-shirts

un top(-)model

des top(-)models

un week-end

des week-ends





La concordance des temps et des modes

8 08 2007

La concordance des temps et des modes est l’ensemble des règles de syntaxe suivant lesquelles le temps et le mode du verbe d’une proposition subordonnée dépendent de ceux du verbe de la proposition principale pour exprimer la simultanéité, l’antériorité ou la postériorité d’une part, et la réalité ou l’incertitude d’une action d’autre part.

L’emploi de l’indicatif ou du subjonctif dépend du verbe de la principale. Les verbes craindre, douter, souhaiter et tous les verbes qui expriment l’incertitude, le doute, l’éventualité, la crainte, la supposition, l’étonnement se construisent avec le subjonctif, ainsi que les verbes falloir, vouloir, exiger, ordonner :
Je
crains qu’il ne vienne pas ;
je
doute qu’il vienne ;
je m’
étonne qu’il soit venu ;
elle
veut qu’on vienne.

Les verbes admettre, affirmer, constater, dire, penser, remarquer, savoir, soutenir, voir, etc., qui présentent une affirmation sans idée de doute ni de crainte, commandent l’indicatif :
Je lui
dis qu’on viendra ;
je
pense qu’il viendra ;
je
constate qu’ils sont venus.

► Quand la proposition principale est au présent de l’indicatif, la proposition subordonnée peut être à l’indicatif :
Je sais qu’il est ambitieux (présent, quand les actions sont simultanées).
Je sais qu’il était ambitieux (imparfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je sais qu’il fut ambitieux (passé simple, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je sais qu’il a été ambitieux (passé composé, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je sais qu’il avait été ambitieux (plus-que-parfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je sais qu’il sera ambitieux (futur, quand l’action de la subordonnée est postérieure).

► Quand la proposition principale est au présent de l’indicatif, la proposition subordonnée peut être au subjonctif :
Je doute qu’il soit ambitieux (subjonctif présent, quand les actions sont simultanées).
Je doute qu’il fût ambitieux (subjonctif imparfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je doute qu’il ait été ambitieux (subjonctif passé, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je doute qu’il eût été ambitieux (subjonctif plus-que-parfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je doute qu’il soit ambitieux à l’avenir (subjonctif présent, quand l’action de la subordonnée est postérieure).

Remarque. L’emploi de l’imparfait ou du plus-que-parfait du subjonctif est plutôt réservé à la langue écrite ou littéraire. Dans la conversation courante, ces temps sont remplacés par le présent ou par le passé du subjonctif : je doute qu’il ait été ambitieux pour je doute qu’il fût ambitieux ; ou je doute qu’il eût été ambitieux.

► Quand la proposition principale est à un temps passé de l’indicatif, la proposition subordonnée peut être à l’indicatif :
Je savais (imparfait) qu’il était ambitieux (imparfait, quand les actions sont simultanées).
Je savais (imparfait) qu’il avait été ambitieux (plus-que-parfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).

► Quand la proposition principale est à un temps passé de l’indicatif, la proposition subordonnée peut être au conditionnel :
Je savais (imparfait) qu’il serait ambitieux (conditionnel présent, quand l’action de la subordonnée est postérieure).

► Quand la proposition principale est à un temps passé de l’indicatif, la proposition subordonnée peut être au subjonctif :
Je doutais (imparfait) qu’il fût ambitieux (subjonctif imparfait, quand les actions sont simultanées).
J’
ai douté (passé composé) qu’il fût ambitieux (subjonctif imparfait, quand les actions sont simultanées).
J’
avais douté (plus-que-parfait) qu’il fût ambitieux (subjonctif imparfait, quand les actions sont simultanées).
Je
doutais (imparfait) qu’il eût été ambitieux en la circonstance (subjonctif plus-que-parfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
J’
ai douté (passé composé) qu’il eût été ambitieux en la circonstance (subjonctif plus-que-parfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
J’
avais douté (plus-que-parfait) qu’il eût été ambitieux en la circonstance (subjonctif plus-que-parfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je
doutais (imparfait) qu’il fût ambitieux à l’avenir (subjonctif imparfait, quand l’action de la subordonnée est postérieure).

Remarque. Dans la conversation courante, l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif sont remplacés par le présent et par le passé du subjonctif : je doutais qu’il soit ambitieux pour je doutais qu’il fût ambitieux ; je doutais qu’il ait été ambitieux pour je doutais qu’il eût été ambitieux.

► Quand la proposition principale est au futur de l’indicatif, la proposition subordonnée peut être à l’indicatif :
Je saurai qu’il est ambitieux (présent, quand les actions sont simultanées).
Je saurai qu’il était ambitieux (imparfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je saurai qu’il fut ambitieux en la circonstance (passé simple, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je saurai qu’il a été ambitieux (passé composé, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je saurai qu’il sera ambitieux (futur, quand l’action de la subordonnée est postérieure).

► Quand la proposition principale est au futur de l’indicatif, la proposition subordonnée peut être au subjonctif :
J’exigerai qu’il soit à l’heure (subjonctif présent, quand l’action de la subordonnée est simultanée ou postérieure).
Je ne
croirai jamais qu’il fût ambitieux un jour (subjonctif imparfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
J’
attendrai que vous ayez fini (subjonctif passé, quand l’action de la subordonnée est antérieure).

► Quand la proposition principale est au conditionnel, la proposition subordonnée est au subjonctif :
Je douterais fort qu’il fût ambitieux (subjonctif imparfait, quand l’action de la subordonnée est simultanée).
Je
douterais fort qu’il eût été ambitieux (subjonctif plus-que-parfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
Je
douterais fort qu’il fût ambitieux à l’avenir (subjonctif imparfait, quand l’action de la subordonnée est postérieure).
J’
aurais souhaité qu’elle fût(imparfait, quand l’action de la subordonnée est simultanée).
J’
aurais souhaité qu’elle eût été(plus-que-parfait, quand l’action de la subordonnée est antérieure).
J’
aurais souhaité qu’elle fût là désormais (imparfait, quand l’action de la subordonnée est postérieure).

Remarques.
– Dans la conversation courante, l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif sont remplacés par le présent du subjonctif : je douterais fort qu’il soit ambitieux pour je douterais fort qu’il fût ambitieux ; j’aurais souhaité qu’elle soit là pour j’aurais souhaité qu’elle eût été.
– Attention au piège orthographique : qu’elle fût (avec un accent circonflexe à la 3e personne de l’imparfait du subjonctif) ne doit pas être confondu avec elle fut (passé simple de l’indicatif).

► Avec les locutions conjonctives afin que, à moins que, avant que, bien que, de crainte que, encore que, etc.
Les locutions conjonctives afin que, à moins que, avant que, bien que, de crainte que, encore que, jusqu’à ce que, pourvu que se construisent avec le subjonctif : afin que vous preniez votre temps ; à moins que tu ne reconnaisses tes torts ; avant que je parte.
La locution avant que commande le subjonctif, mais après que se construit avec l’indicatif : elle sortit après qu’il eut parlé. « Il faut bonne mémoire après qu’on a menti » [Corneille].
On notera que l’emploi de l’indicatif s’explique dans les deux derniers exemples qui énoncent un fait passé, accompli. Dans l’emploi du subjonctif, il s’agit d’un fait futur, éventuel.
De (telle) manière que et de sorte que commandent l’indicatif lorsqu’elles expriment une conséquence de fait : il s’y est pris de telle manière qu’il a cassé le marteau. Ils sont arrivés trop tard, de sorte que le spectacle était terminé.
Ces locutions commandent le subjonctif lorsqu’elles expriment un but, une conséquence voulue :
il a construit son discours de manière que les enfants puissent comprendre. Parlez plus fort, de sorte que tout le monde vous entende.





Le pluriel des noms composés :Les noms composés formés d’une expression ou de deux verbes : tous les mots sont invariables.

8 08 2007

un garde-à-vous

des garde-à-vous

un je-ne-sais-quoi

des je-ne-sais-quoi

un rendez-vous

des rendez-vous

un va-et-vient

des va-et-vient…





Le pluriel des noms composés :Les noms composés avec le mot garde

8 08 2007

si le nom composé désigne une personne, le mot garde prend la marque du pluriel ; si le nom composé désigne une chose, le mot garde est invariable.

Le nom qui suit prend ou non la marque du pluriel, en fonction du sens.

une personne

un (une) garde-barrière

des gardes-barrière(s)

un garde-chasse

des gardes-chasse(s)

un (une) garde-malade

des gardes-malade(s)

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une chose:

un garde-boue

des garde-boue

un garde-fou

des garde-fous

un garde-manger

des garde-manger…